lundi 9 mai 2016

Le Sang des lions - Loïc Le Borgne







Résumé : Début du XXIIe siècle : Tandis que l'Europe s'enfonce dans le chaos, le continent africain connaît une ère de prospérité. Principale fierté de l'Afrikwana : les Magic Eden, somptueux parcs naturels où s'ébattent lions, éléphants et autres grands fauves, devenus doux comme des agneaux grâce à l'ingénierie génétique. Jef, jeune réfugié européen, travaille dans un de ces parcs de rêve, aux pieds du Kilimanjaro. Mais le rêve tourne au cauchemar, car les animaux attaquent soudainement les touristes.Avec l'aide de Massaïs insoumis, Jef découvre que la vie sauvage est en train de reprendre ses droits…




Avis : Livre que j'avais acheté, il y a assez longtemps, dans le cadre d'un défi "Littérature des cinq continents". Le défi a été un peu oublié entre-temps, mais pas ce livre, sur lequel j'avais eu de bons éco. Et puis bon. Un livre qui me parle de nature qui recouvre ses droits, ça me parle (même si une petite alarme s'est allumée dans ma tête quand j'ai vu Luc Besson mentionné sur la couverture… ).


La trame

Une trame un peu simplette au début. Le jeune réfugié qui s'est fait attrapé et jeter en pâture à un affreux chef de travaux, pour travailler comme larbin dans un parc à touristes. L'inversion Europe Afrique est plutôt bien pensée dan la manière dont l'Histoire a tourné, et même si elle est posée en sens inverse, la question de l'immigration est plutôt bien amenée. 

Si la simplicité apparente avec laquelle l'histoire avance et avec laquelle Jef triomphe (en souffrant certes) des épreuves peut parfois paraître un peu naïve, on n'en ressent pas moins la sincérité de l'auteur vis-à-vis de ce qu'il défend : protéger la nature, la vie, leur beauté, amener l'Homme a se rendre compte de la nécessité qu'il y a à le faire. Le discours est simple mais pas simpliste, et se déroule tout au long de l'histoire. 

La découverte des Massaïs et les liens que Jef noue avec eux est particulièrement plaisant, d'autant plus que l'on découvre pas mal d'éléments de la vie de ce peuple ; l'auteur s'est apparemment beaucoup documenté dessus. 

Un petit bémol avec les chapitres qui entrecoupent l'histoire pour narrer le périple migratoire de Jef : ceux-ci sont loin d'être inintéressants, mais ils n'étaient pas indispensables car provoquant surtout une rupture temporaire - et heureusement jamais trop longue - dans le récit, pour au final ne pas apporter énormément à la trame principale.


Les personnages

Les personnages paraissent au début plutôt simples, dans le schéma dans lequel ils ont été imaginé. Et puis l'auteur les fait évoluer, les travaille, les peaufine, les fait grandir… et on finit par s'attacher à eux. Jef est un héros sympathique. Il a peut-être le défaut d'être un peu trop "comme il faut pour les Massaïs", mais il n'en est pas pour autant insupportable. Les Massaïs sont également très attachants, particulièrement Naphtal Ole Tutu, le vieux chef du village rebelle, et sa fille, Soïla. Le coup du vieux sage et de la jeune panthère peuvent paraître éculés, mais comme Jef, ils évoluent positivement pour devenir de vrais compagnons de lecture pour le lecteur. 


Le style

Encore une fois, une dernière, j'emploierai ce mot : simplicité. La plume est posée, sobre, et sait évoquer avec aisance les combats de l'auteur. Je garde particulièrement en mémoire la façon que l'auteur a de décrire l'émerveillement de Jef face aux paysages qui se découvrent devant lui, aux animaux qu'il aperçoit ; la façon qu'il a de parler de ce pincement qui peut prendre chacun au creux du ventre devant  quelque chose qui lui coupe le souffle. Quand on a déjà ressenti cela, on sait de quoi l'auteur parle, et c'est parfois dans le même état d'esprit de Jef que je suis ressortie de certains paragraphes. On sent l'amour de l'auteur pour cette nature qu'il défend avec conviction, et c'est, je trouve, ce qui fait la grande force de ce livre : sa sincérité.


Le mot de la fin

Un livre simple à lire, et très agréable à parcourir. Jef et son créateur nous font découvrir l'Afrique avec un certain émerveillement, ce malgré le fait que ce ne soit pas toujours sous un jour heureux. Dans tous les cas, une très jolie ode à la vie et à la nature. A déguster !



C'est du bon !





Lecture dans le cadre du défi



Item :  11 - Lire une oeuvre de SFFF dans laquelle l'Afrique tient une place prépondérante

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