lundi 16 mai 2016

Le Cycle de Lanmeur, tome 1 : Les contacteurs - Christian Léourier







Résumé : Quand les hommes de la planète Lanmeur accèdent pour la première fois au voyage spatiale, ils ont la surprise de découvrir que d'autres humanités s'épanouissent dans l'univers. Un hasard ? Peut-être pas. Lanmeur lance alors l'idée du Rassemblement, et envoie alors des contacteurs sur ces mondes plus ou moins avancés, avec pour mission de les intégrer à une nouvelle grande civilisation humaine. Mais quels intentions masque ce grand projet ?




Avis : D'excellents avis lus sur cet ensemble de textes m'ont poussée à m'intéresser à Lanmeur, lors de la reparution du cycle chez Ad Astra. Les couvertures Folio SF m'ont attiré l'oeil, et le premier tome de cette intégrale est tombée dans mon escarcelle… pour mon plus grand bonheur...


Trame

Et l'aventure à commencé avec ce premier tome. Et quelle aventure ! En trois parties, chacune narrant l'histoire d'un contact entre la civilisation de Lanmeur et celle d'une nouvelle planète. Trois voyages, trois textes à part entière, porteurs de différents styles, dépaysants, dérangeants, effrayants, poétiques… une vraie découverte. 

Le premier texte, Ti Harnog dépeint une civilisation très stricte, où chacun a sa place ; et où chacun naît femme, puis devient homme sur ses vieux jours. Twern le contacteur, homme jeune, détonne donc dans une société où un homme glabre est une anomalie. Le lecteur découvre à travers ce texte une histoire à la limite de la fantasy : une quête, une histoire d'Elu, des batailles épiques et un environnement pseudo-médiéval. L'auteur réussit parfaitement à dépayser son lecteur en inventant un fonctionnement de société original et suffisamment bizarre pour que l'on soit déstabilisé… au moins autant que le contacteur. Un texte à la saveur "vieille héroïc-fantasy", qui ne se dépare par pour autant de son côté SF. Un tour de force.

Le deuxième texte, L'homme qui tua l'hiver, plonge le lecteur dans la quête archéologique d'Akren, jeune femme débarquée sur la planète Nedim afin d'étudier, pour le compte de Lanmeur, les vestiges de Gogleth, cité prisonnière des glaces. Avec des indigènes persuadés que Nedim, leur planète, est une divinité refusant les colons, elle brave l'espace impitoyable et glacé qui sépare son lieu d'atterrissage de Gogleth, à la recherche de reliques anciennes. Entre Indiana Jones et les romans de Jack London, j'ai suivi avec passion la lutte d'Akren pour survivre et accomplir son rêve. 

Le troisième et dernier texte, Mille fois mille fleuves, apporte un nouveau dépaysement. Un peuple qui vit au bord de l'eau et vénère le fleuve qui les accueille sur ses flots. Chaque année, le fleuve reçoit une nouvelle épouse. Cette année, Ynis, l'hérïne de ce texte, est choisir pour s'unir au fleuve. Elle narre au lecteur son histoire : sa convocation par le dieu, le Vieux Saumon, sa découverte des hommes-oiseaux, la faute qu'elle a commise et son exil. Un texte plein de poésie, et très beau de par l'histoire d'amour qu'il évoque. Une histoire d'amour narrée avec suffisamment de subtilité pour ne pas en faire un texte mièvre. 


Personnages

Dans chacun des textes, les personnages sont développés avec finesse. Twern, qui ne comprend pas le fonctionnement de la société de Ti Harnog et provoque malgré lui des changements profonds. Son évolution se fait en finesse. Akren est arrogante et reste longtemps antipathique pour le lecteur. Elle ne comprend pas les indigènes qui la mènent à Gogleth, ni leur façon de vivre. En temps que Lanmeurienne, persuadée de la puissance de sa propre civilisation, elle finira pourtant par percevoir un peu de la grandeur de Nedim. Enfin, Ynis, jeune femme persuadée de sa faute, ne se rendra jamais compte du service qu'elle a rendu au Vieux Saumon. Ces personnages, par leurs yeux, nous donnent un aperçu de trois humanités au fonctionnement différent mais passionnant. 


Style

La finesse du style de l'auteur fait également beaucoup. Chacun des récits est raconté d'un point de vue totalement différent. 

Dans Ti-Harnog, le lecteur découvre la planète par les yeux du contacteur. On garde à l'esprit sa quête, même si elle est souvent perdue de vue. Dans L'homme qui tua l'hiver aussi, le lecteur suit la quête du Lanmeur par les yeux d'Akren… et certains desseins de cette civilisation semblent bien moins doués de bonnes attentions que ceux du premier texte. Enfin, dans Mille fois mille fleuves, le lecteur se demande longtemps le rapport avec Lanmeur et ne le découvre qu'à la toute fin. Et cette fois, les intentions de la planète lointaine paraissent inquiétant. 

Dans chacun des textes, lorsque l'on pense avoir perdu Lanmeur de vue, c'est avec une vraie finesse et une vraie richesse que l'auteur nous rappelle son existence, tissant et imbriquant petit-à-petit chacun des fils qu'il a laissés traîner au gré des textes. 


Le mot de la fin : Un coup de coeur pour ce premier tome ; à travers la découverte des civilisations humaines disséminées dans l'espace, Christian Léourier nous fait découvrir son riche imaginaire, et parvient à maintes reprises à dépayser le lecteur. Pour le coup, un vrai voyage, une vraie découverte… et sûrement un retour, pour ma part, du côté de Lanmeur… tome 2 !

Un livre à découvrir et à dévorer.



Coup de coeur




Lecture dans le cadre du défi



Item :  16 - Lire le premier livre d'une série SFFF que vous n'avez jamais lue.




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