jeudi 20 février 2014

La Croisade des Abbesses, tome 1 - Jean-François Carraës


Résumé : Jeff, tailleur de pierre, en mission au sein de la Fondation Culturelle du Grand Ouest, est intrigué par les allées et venues d’une femme, à l’heure où les portes de l’Abbaye de Fontevraud se ferment. Il cherche à découvrir ce qu’elle manigance et la suit jusque dans les souterrains… en vain. Quelques jours plus tard, en Juin 2011, un jeune maçon est retrouvé assassiné sur le chantier  de restauration de la chapelle Saint-Benoît.


Avis : Comme de coutume, le Vallon Fantastique connaît un regain d'activité en début d'année. C'est motivée par l'envie de faire connaître un petit bouquin sympa que je reprends la plume (ou plutôt le clavier). J'ai lu La Croisade des abbesses il y a quelque temps maintenant, et je  tenais à faire un peu connaître cet ouvrage, premier texte publié de l'auteur Jean-François Carraës. Il s'agit d'un cours roman policier, dont le théâtre se situe à l'abbaye de Fontevraud, en Anjou. 


A priori, ce n'était pas du tout, à la base, mon genre de lecture. Autant j'aime beaucoup le genre policier. Autant les thrillers mâtinés de complots religieux ne sont vraiment pas ma tasse de thé.

Ici, Jean-François Carraës met en scène le meurtre d'un tailleur de pierre, concomitant à la découverte par ce dernier d'un coffre scellé dans le mur qu'il est en train de restaurer. C'est en tentant de l'ouvrir que le tailleur est assassiné. En parallèle, Jeff, tailleur de pierre également, suit dans les souterrains fermés au public une femme qui n'aurait pas dû se trouver là... et qui disparaît sans qu'il puisse découvrir comment. Intrigué par ces deux faits, Jeff se mêle à l'enquête, et découvre des secrets qui finissent par lui attirer des ennuis. 

Jeff donne l'effet d'être un homme simple et curieux, et on s'attache vite à lui. Pour les autres personnages, j'ai cru pendant un bon tiers de livre qu'ils allaient être laissés sur le carreaux, mais finalement l'auteur parvient à leur donner de l'épaisseur : Ingrid, une collègue de Jeff, ou même le commissaire Farniet. 

Les rebondissements sont plutôt habilement enchaînés : on ne s'ennuie pas, mais on n'est pas non plus noyé dans une succession de retournements de situation. De plus, par son côté succinct, l'histoire nous dit l'essentiel et reste crédible, car elle n'enchaîne pas de rebondissements complètement rocambolesques destinés à en ficher plein les mirettes du lecteur. Par exemple : ici, pas de héros "trop classes" qui se mêlent à une enquête alambiquée au nez et à la barbe de la police, mais un personnage trop curieux qui se fait remettre à sa place régulièrement.

La déambulation dans les recoins de l'abbaye de Fontevraud est agréable. Les passages d'action et de suspens sont vraiment prenants et ne s'encombrent pas d'inutile, et l'imagination de l'auteur par rapport à ce qui s'y passe est vraiment débordante (je vous laisse le plaisir de découvrir tout ça si certains souhaitent se lancer dans la lecture).

Le seul bémol, c'est le fond historico-religieux. Pendant 2-3 chapitres, le lecteur retourne dans le passé pour découvrir l'histoire du Pape Urbain II, qui tente d'étouffer une affaire : un chrétien d'influence a écrit une nouvelle Bible et veut la diffuser. Pour contrer ses actes, Urbain confie à un prêtre la charge de gagner la confiance des hauts placés de l'Eglise qui sont acquis à cette nouvelle religion, et de les mettre hors-circuit. 

Ce passage est relativement longuet, et m'a peu intéressée... même si dans le fond, il permet de comprendre les rouages de l'histoire. Par ailleurs, la trame est bien pensée, mais relativement alambiquée. Et narrée de telle sorte que tout le long de l'histoire, on a l'impression que l'auteur enchaîne les incohérences...

... Pour se rendre compte à la fin que non, en fait, tout a été finement pensé, tout s'emboîte bien. On a même droit à une jolie révélation finale, très bien amenée, à laquelle je ne m'attendais pas du tout... et dont le propos m'a beaucoup plu. 

Sachant qu'il s'agit là du premier livre de Jean-François Carraës, je lui tire mon chapeau. Il y a quelques (micro) maladresses, mais on les pardonne facilement devant cette histoire prenante. De plus, l'auteur n'a pas eu les yeux plus gros que le ventre et, par la concision de son récit (qui fait à peine 150 pages je crois), nous livre un petit roman très agréable : il y a juste ce qu'il faut pour rassasier le lecteur, et pour ne pas le "gaver" d'explications en long, en large et en travers. 

En somme, une très bonne surprise. Je m'attendais à apprécier moyennement, voire pas du tout, et au final... Actuellement en train de lire le deuxième tome, dans lequel je trouve que l'auteur a vraiment gagné en clarté et en "maturité" sur le plan de l'écriture. A découvrir. 



Sympa !