mardi 6 août 2013

Le livre d'or de la science-fiction - Roger Zelazny



Résumé : Ce Livre d'or de la science-fiction propose une anthologie de plusieurs nouvelles écrites par Roger Zelazny. Réunies et commentées par Marcel Thaon, ce recueil offre un large panel des sujets traités et des genres employés par Zelazny. 25 nouvelles à découvrir. 



Avis : Retour à mes premières amours : Roger Zelazny. Aussi bien pour les fans que pour ceux qui découvrent l'auteur, ce Livre d'or de la science-fiction propose une très riche palette de ce que Zelazny était capable d'écrire. Marcel Thaon met admirablement bien en lumière les différents textes : après une pré-face vraiment très intéressante pour qui souhaite connaître un peu mieux Zelazny et ses sources d'inspiration, il introduit chaque nouvelle par un paragraphe succinct, qui éclaire à merveille le texte lors de la lecture. 

En dehors du travail de M. Thaon, le travail de Roger Zelazny himself. De l'humour, de la science, de la poésie, de la réflexion, de l'amour, à chaque texte son registre, toujours avec des mots et des phrases très simples, mais puissants et évocateurs. On s'interroge tour à tour sur ce qu'est un être-humain, sur la définition de l'art, sur le savoir, ou encore sur l'impact des actes sur d'autres vies. 

Les connaisseurs reconnaîtront forcément des thèmes Zelazniens récurrents : l'immortalité, la mythologie, la déification. Les premières aventures de Dilvish le Damné apparaissent, ainsi que les prémisses de ce qui sera le Cycle des Princes d'Ambre. Quelques clins d'oeil (comme toujours) à des auteurs et à des oeuvres à découvrir absolument pour ceux qui n'auraient pas encore lu : Cordwainer Smith et Fredric Brown. 


Les nouvelles qui m'ont le plus touchée / plu / fait rire : 

La sangsue mécanique, une histoire de vampire pour le moins originale. 

Clefs pour décembre, certainement la nouvelle que j'ai trouvé la plus poétique. Qui pose également la question de l'adaptation d'un monde et d'êtres à de nouvelles conditions de vie. Des créatures aux conditions de vie extrême tentent d'adapter une planète à leur morphologie (à des degrés très bas). Ce faisant, ils entraînent l'évolution et l'accès à l'intelligence d'une espèce primitive... et assistent progressivement à la mort de cette espèce. 

Le temps d'un souffle, je m'attarde, où un robot chargé d'entretenir la Terre dans l'espoir que les Hommes reviennent un jour tente de devenir Homme lui-même. 

La fièvre du collectionneur, où le marcher de l'art ramasse pour son grade à travers deux personneages qui décident un jour de devenir eux-même des oeuvres d'art. 

Thélinde chantait, avec ses accents de vieille héroïc-fantasy. 


Et toutes celles dont je n'ai pas parlé. Un recueil à découvrir absolument. Merci, M. Thaon, pour la richesse et l'habileté de mise en valeur de ces textes. Merci, M. Zelazny, pour vos textes toujours aussi prenants. 




Excellent

samedi 22 juin 2013

Oscar Pill, tome 1 : La révélation des Médicus - Eli Anderson


Résumé : À douze ans, Oscar Pill, qui vit avec sa mère et son excentrique sœur, apprend qu’il est le fils d’un célèbre Médicus, et qu’il a hérité de ses dons. Il doit alors les perfectionner à Cumides Circle, vénérable demeure où règne la magie, car pour devenir un vrai Médicus, il devra voyager à travers le corps humain et en rapporter des trophées. C’est le début d’un fascinant périple à travers le corps : montagnes gigantesques, océans profonds, peuples extraordinaires, éléments déchainés, guerres terribles, et aussi amitiés indestructibles. Mais ces expéditions vont s’avérer plus difficiles que prévu … Car un terrible danger menace : les Pathologus, ennemis héréditaires attaquent …



Avis : Après avoir lu plusieurs critiques enthousiastes sur les aventures du jeune Médicus, Oscar Pill, j'ai été tentée d'aller y jeter un oeil. Eli Anderson met en scène l'apprentissage de son personnage, âgé de 13 ans, déterminé à suivre les traces de son père.

Ce premier tome n'est pas dénué d'intérêt, ni de qualités, mais souffre malgré tout de quelques travers. Le premier des reproches à faire à cette aventure d'Oscar Pill est contenue dans la critique de 20 minutes citée comme accroche en quatrième de couverture : « Après Harry le sorcier, Oscar le Médicus ». Et c'est bien là le problème ; si Eli Anderson parvient à introduire des éléments personnels et intéressants dans son récit, on a parfois trop souvent la sensation qu'il fait aussi dans le « post-Harry Potter », en essayant de réinventer l'apprentissage d'un petit sorcier. Des deux copains aux idées loufoques au Grand Chef des méchants en train de réapparaître, en passant par deux amis indéfectibles (un garçon, une fille passant leur temps à se chamailler), un rival très teigneux dont le père paraît suspect, et un Grand Gentil bienveillant et puissant, certains points communs se retrouvent jusque dans la structure de l'histoire.

Autre gros défaut : la façon dont l'auteur construit son histoire. Le roman tient certes la route jusqu'au bout, mais fourmille de petits décalages ou défauts qui ne cessent d'agacer le lecteur. Les méchants ont la bonne idée de se signaler aux gentils dès qu'ils entrent en scène : ils sont habillés en noir et rouge, là où les héros sont habillés en vert sapin. Les Médicus sont une organisation secrète qui estampille toutes ses possessions de « M », jusqu'au appui-têtes de leurs voitures. Certains aspects de l'histoire font un peu trop jeu vidéo. L'auteur tente d'attirer maladroitement l'attention du lecteur sur des choses trèèèès importantes, mais détourne sans le vouloir l'attention sur d'autres éléments de l'histoire. Par exemple, la première chose sur laquelle j'ai eu envie d'en savoir plus a été le cinquième Univers (Cérébra, le cerveau) et l'animosité de Fletcher Worm (oui, on a aussi un professeur teigneux envers le héros). Durant tout le bouquin, l'auteur s'acharne à ce qu'Oscar veuille absolument savoir comment son père est mort, alors qu'a priori, il n'a aucune raison de le vouloir : on lui apprend dès le début qu'il est mort en tuant le Grand Méchant. Du coup, Eli Anderson casse lui-même son suspens en tentant d'attirer artificiellement l'attention du lecteur, qui du coup sait qu'un truc important va survenir concernant ce fil de l'histoire.

Ces deux points sont certainement les deux gros défauts du livres. Pour autant, le concept du voyage dans le corps est intéressant. Les personnages sont attachants, notamment Oscar, sa soeur, Violette, leur mère, et Mrs Withers, son « enseignante ». En revanche, je n'ai pas réussi à vraiment accrocher à Valentine et Lawrence, ou Jérémy et Barth, ses amis. L'aventure est régulièrement parsemée de petit passages assez drôles, teintés d'humour anglais, et le côté loufoque de Violette m'a vraiment séduite. Pour le coup, on sent le côté Luna Lovegood réussi (c'était d'autant plus facile que je n'aime justement pas Luna Lovegood). Entre les « carrés-à-ne-regarder-qu'une-chose » ou le fait de plonger dans une piscine pour voir « si c'est mouillé jusqu'au fond », j'ai tout de suite apprécié la fillette, qui a su plus d'une fois me laisser échapper un petit rire.

Le déroulement de l'aventure est plaisant et plutôt addictif malgré ses défauts, qui ne sont pas suffisamment agaçants pour faire tomber le livre des mains. Je dois dire que je n'ai pas lâché l'ouvrage et son côté bon enfant une fois entrée dedans, et c'est plutôt positif.

Un roman sympathique, à faire découvrir à tout le monde.  



Appréciation

Sympa...



Challenge des 52 semaine : 5/11 (25. Un talisman)


mercredi 19 juin 2013

Mercy Thompson, tome 2 : Les liens du sang - Mercedes Lackey


Résumé : La mécanicienne auto Mercedes Thompson a des amis un peu partout... y compris dans des tombeaux. Et elle doit une faveur à l'un d'entre eux. Pouvant changer de forme à volonté, elle accepte de prêter main-forte à son ami vampire Stefan pour remettre un message à un autre mort-vivant. Mais ce vampire inconnu est loin d'être ordinaire... tout comme le démon qui le possède.


Avis : Avec Femmes de l'Autremonde, de Kelley Armstrong, Mercy Thompson était la deuxième saga à pouvoir se targuer de m'avoir fait voir la bit-lit sous un autre jour. Certes, cela reste des histoires bon enfant, mais au moins n'y avais-je pas retrouvé les travers que j'avais croisé chez Richelle Mead ou autres : des héroïnes pseudo-femmes fortes passant leur temps en considérations sur leurs charmes et vulgaires. Du coup, c'est avec plaisir que j'ai retrouvé la mécano un brin garçon manqué de Patricia Briggs, prête à me lancer à nouveau dans une de ses enquêtes fantastiques, peuplées de loups-garous lourds et de vampires inquiétants. 

Je dois dire que dans ce deuxième tome, j'ai rongé mon frein. Pendant le première moitié, l'auteure ne décolle pas de considérations sur Mercy, interdite par ses amis lupins de participer à la traque d'un vampire démonologue. Du coup, on a droit à deux cents pages sur le fait que Mercy s'ennuie en réparant des voitures et en réconfortant des pères en détresse. Rien de très intéressant, en somme. 

Passé la moitié, les choses ont été un peu mieux. L'auteure a su donner un second souffle à son bouquin en plongeant le lecteur dans un univers sombre, glauque et moite, et Mercy prend les choses en mains : elle part à la chasse aux vampires. Patricia Briggs réunit tous les ingrédients qui font contribuent au plaisir de regarder de vieux films d'horreur : l'ambiance, les cryptes inquiétantes, les corps pâles dormant le jour. Les sentiments de l'héroïne sont plutôt bien traduits.

L'auteure laisse, enfin, le lecteur sur quelques pistes qui pourraient être intéressantes lors des prochains tomes : Wulfe, le vampire sorcier, ou encore les pouvoir de Mercy, qu'elle découvre à peine. 

Dans l'ensemble, le style reste efficace sans toutefois casser la baraque. L'histoire est fluide et se lit avec plaisir, quand l'auteure arrive à mettre des choses intéressantes dedans. Je reste un brin déçue par rapport au premier tome, qui proposait un rythme plus enlevé, même si je ressors du deuxième avec enthousiasme : l'auteure a su rattraper ses "bourdes" du début. Du coup, je ne dis pas non à lire la suite...


Appréciation

Sympa...




Challenge des 52 semaine : 4/11 (32. Des tatouages)

vendredi 14 juin 2013

Le chasseur et son ombre - George R. R. Martin, Gardner Dozois & Daniel Abraham


Résumé : Ramon Espejo est un dur à cuire, un homme qu’on ne pousse à bout qu’à ses risques et périls. L’ambassadeur européan en a fait l'amère expérience et l’a payé de sa vie, contraignant Ramon à s’enfuir. Pour échapper à la police, celui-ci s’enfonce au cœur d’une région encore inexplorée de la planète São Paulo et fait une découverte qui pourrait avoir des répercussions à l’échelle de la galaxie. Il est alors entraîné bien malgré lui dans une course-poursuite d’un genre très particulier. 


Avis : Envie de découvrir les publications de science-fiction auxquelles George R. R. Martin a participé ? Lancez-vous dans Le chasseur et son ombre. Vous y retrouverez des thèmes que vous auriez pu apprécier chez lui, et découvrirez également deux autres auteurs de science-fiction, Gardner Dozois et Daniel Abraham (en tout cas en ce qui me concerne, je n'en avais jamais entendu parler jusque là...). 

Le chasseur et son ombre propose un roman d'aventure, mâtiné de questionnements sur l'autre et ce qui fait l'humain. Malgré un début qui m'a un peu laissée sur place en raison d'une entrée en matière nébuleuse, peut-être le temps que les styles des trois auteurs s'habituent les uns au autres, l'ensemble de l'histoire est vraiment à découvrir. 

Le lecteur fait progressivement connaissance avec un personnage principal plutôt désagréable : Ramon Espejo. Buveur, imbu de lui-même, mauvais, ce dernier a en effet tout pour plaire, en sus du fait que l'on assiste d'entrée de jeu au meurtre qui va l'obliger à fuir dans les territoires inexplorés de la planète afin d'échapper à son châtiment. En temps normal, les autorités n'auraient pas cherché plus que cela le coupable. Or, les Enyes, une race extra-terrestre intelligente se servant des humains pour coloniser la planète, est censée débarquer pour affaires, et le gouvernement décide alors de montrer aux aliens qu'ils maîtrisent la situation. Mettant à profit le fait qu'il s'éloigne de la civilisation pendant un temps, Ramon en profite pour prospecter, dans l'espoir de revenir chez lui riche, une fois les choses tassées. Les circonstances vont l'amener à découvrir des informations très importantes et à se faire capturer par des aliens. Ces derniers, ne comprenant pas le fonctionnement humain, décident de se servir de lui comme "chien de chasse" afin de traquer un homme qu'ils recherchent activement. 

Ce sont ces dernières lignes qui sont les plus importantes, car elles constituent tout l'intérêt de cet ouvrage : la compréhension de l'autre lorsque l'on ne le connaît pas. Les trois auteurs réussissent plutôt bien le pari d'imaginer un alien ne comprenant pas la race humaine et ayant une logique totalement différente. Les décalages de compréhension entre Ramon et son "geôlier" créent souvent des situations cocasses, cruelles ou émouvantes. 

Le fait que l'alien cherche à se servir de Ramon comme modèle pour comprendre la logique de l'Homme et arrêter l'humain qu'ils pourchassent donne lieu à des passages plutôt subtils. Ramon se voit plusieurs fois demander d'expliquer tel ou tel geste humain, et le fait à sa manière bourrue. Les auteurs mettent ainsi souvent en lumière les fonctions sociales (entre autres) de gestes quotidiens et machinaux auxquels nous ne pensons absolument pas, sans pour autant rendre le récit ennuyeux, bien au contraire. 

Aucun personnage, d'un bout à l'autre de ce récit, n'est manichéen. Ce sont des êtres vivants, avec des objectifs et des raisons d'être différents. La faune, la flore et les races intelligentes de la planète sont intéressants et crédibles, et plongent le lecteur dans une succession assez fantastique de poursuite dans la jungle ou sur l'eau. 

Le style de narration est réellement travaillé. On aurait pu craindre de retrouver trois styles différents pendant l'histoire, mais il n'en est rien. On devine George R. R. Martin au gré de certains thèmes, sans pour autant déceler "son" écriture. L'ensemble est fluide, clair et précis.

Jusqu'aux dernières lignes, j'ai été transportée par Le chasseur et son ombre, qui propose une ode à "l'autre", celui que l'on ne connaît pas et que l'on apprend à découvrir, et une histoire au final très humaniste et intelligente.

J'irai sans doute jeter un oeil aux publications de Gardner Dozois et Daniel Abraham. En ce qui concerne George R. R. Martin, c'est sans doute LE texte de cet auteur à découvrir, loin devant le Trône de Fer...


Appréciation

Coup de coeur !



Challenge des 52 semaines : 3/11  (11. Des aliens)


samedi 8 juin 2013

Sauvons les dragons ! - Willis Hall


Résumé :  Lorsque Edgar entre dans la grande boîte noire censée le faire disparaître, il est transporté des siècles en arrière, à l'époque des chevaliers de la Table Ronde... Car le magicien à l'origine du tour n'est autre que Merlin l'Enchanteur ! Le célèbre sorcier a en effet besoin du garçon pour mettre fin au massacre des dragons par le roi Arthur... S'il veut rentrer un jour chez lui, Edgar a tout intérêt à remplir sa mission !


Avis : A nouveau, un ouvrage jeunesse qui traînait sur mes étagères depuis plusieurs années. Plus jeune, je l'ai commencé plusieurs fois, sans jamais le finir. Je l'avais acheté suite à ma lecture du Dernier des vampires du même auteur, Willis Hall (que je ne saurais que trop vous conseiller, ce bouquin est un petit bijou jeunesse !). 

Sauvons les dragons reprend les même personnages que dans Le dernier des vampires, à savoir, la famille Hollins, composée de Edgar, le jeune héros, ainsi que de ses parents, Albert et Euphémia. Et, comme toujours, ils partent en vacances dans un endroit improbable, qui va les mener dans des aventures assez particulières. 

On y retrouve la naïveté d'Euphémia, qui ne s'étonne pas de grand-chose, pas même de se retrouver, après être passée par la boîte du magicien, en plein Moyen-Age. Edgar, comme toujours, se voit entraîné dans des aventures farfelues, ici, aider Merlin à empêcher le roi Arthur de trucider tous les dragons. 

Le style de Willis Hall est toujours aussi agréable, et l'on voit pourquoi c'est un bon auteur jeunesse. La narration est simple, fluide, teintée d'humour anglais, et parsemée mine de rien de pas mal de vocabulaire. 

Petit bémol cependant, l'aventure m'a moins emballée que dans Le dernier des vampires. La raison de Merlin d'avoir embarqué Edgar dans sa quête n'est pas très crédible, et au final, on n'en parlera presque pas. Néanmoins les anachronismes et la personnalité finalement assez naïve d'Euphémia, ainsi que le personnage de Guenièvre rehaussent un peu l'ensemble. 

En somme, une lecture pas désagréable. Mais si vous voulez découvrir cet auteur, je vous engage plutôt à aller voir l'autre bouquin cité (Le dernier des vampires, pour ceux qui se demanderaient lequel ;p ). 


Appréciation

Sympa...



Challenge des 52 semaines : 2/11  (30. Un dragon)

jeudi 6 juin 2013

Fragment - Warren Fahy


Résumé : Imaginez : il y a 500 millions d'années, un fragment du continent originel part à la dérive au coeur du Pacifique. Là, une faune et une flore frénétiquement vivantes vont se développer en suivant des règles d'évolution qui défient toutes les théories scientifiques. Et lorsque, de nos jours, un navire aborde Pour la première fois cette île étrange - peuplée de formes de vie aussi dangereuses que stupéfiantes, le choc du face-à-face va nous conduire dans un monde que nul n'aurait pu concevoir.


Avis : Fragment était un bouquin qui me faisait envie depuis un petit moment. Après lecture de son résumé, le sujet d'une île sur laquelle la vie aurait évolué de manière tout à fait différente de celle de notre écosystème m'intéressait bien. L'aspect biologie et la curiosité de savoir quelles créatures bizarres la créativité de l'auteur aurait engendrées me plaisait pas mal. Une sorte de Monde perdu, où la nature n'avait là aussi jamais connu l'homme. 

L'histoire s'ouvre sur plusieurs scènes filmées pour les besoins d'une émission de télé-réalité dans laquelle les participants doivent visiter les coins les plus aventureux du globe. Ces scènes sont évidemment dévolues à présenter les différents personnages au lecteur. Zéro, le caméraman, Nell, la biologiste embarquée juste pour avoir l'opportunité possible de visiter l'île de Henders - le fameux fragment de continent. Cynthea, l'insupportable directrice de l'émission. Glyn, professeur en biologie, Andy, Dawn et compagnie, sans oublier le chien, Copepode. 

La première entrée dans le livre n'est pas facile. Le style de l'auteur est on ne peut plus scolaire ; cela combiné au fait que pratiquement pas grand-chose ne se passe durant les cinquante premières pages rend la lecture assez ennuyeuse. On apprend que tout le monde sur le bateau est séduisant, et on assiste à des passages assez énervants, lorque Cynthea tente par tous les moyens de relancer l'audience de son émission. Cela dit, même une fois le débarquement sur l'île de Henders effectué, le déroulement des événements ne m'a pas spécialement convaincue. 

Pour commencer, ce bouquin m'a fait l'effet d'un panneau publicitaire en forme de livre. Toutes les deux pages, le lecteur a droit à au moins une citation de marque. Plus agaçant encore, Nell ne perd pas une basket lors d'une poursuite, mais perd une "Adidas", Untel n'allume pas de cigarette mais telle marque. Ce travers laisse l'impression assez désagréable que l'auteur s'exprime comme un enfant qui a du mal à faire la part entre la réalité des choses et les marques, le côté vitrine et commercial de l'ensemble. Autre travers qui m'a crispé à chaque fois que j'en ai lu : les personnages savent rarement commencer leurs phrases par autre-chose que de multiples "Waouh" et "Waouh mon pote". Deux, trois fois ça va, pendant tout le livre, là encore, cela donne plutôt une impression de puérilité. 

La découverte de l'île de Henders est plutôt bien pensée, de même que les développements sur l'évolution de cet écosystème. Le tout est entretissé d'interludes sur des éléments particuliers de notre propre écosystème : l'horloge biologique, la durée de vie des êtres vivants, la nécessité de reproduction... Ces passages sont intéressants. Je ne m'attendais pas à ce qu'ils soient si détaillés, mais au final, c'est un peu ce que j'attendais : mener des caractéristiques scientifiques de notre planète vers de la science-fiction, un peu à la Michaël Crichton. 

Malgré tout, là encore, quelques défauts sont venus gâcher ma lecture : on voit que l'auteur est passionné par les sujets qu'il traite. Tant mieux pour le lecteur qui s'y intéresse aussi, il est servi. Mais comme évoqué plus haut, le style ne casse pas des briques, et Warren Fahy a parfois tendance à s'embarquer dans des tartines qui finissent à la longue par lasser le lecteur. L'un des personnages, Geoffrey Binswanger, est biologiste et se lance dans ce qu'il appelle des "discussions au lance-flammes" dans lesquelles il expose des théories scientifiques qu'il pousse à l'extrême dans le but de lancer des débats. Les tirades de Geoffrey sont de celles qui sont à la fois intéressantes et ennuyeuses tant elles durent. Et, nouvelle déception, le "débat" n'est que peu élevé, les collègues du biologiste répliquent de manière très pauvre, et finissent souvent la discussion sur des vannes plus ou moins foireuses. 

Les personnages quant à eux sont attachants, mais sans grande surprise. De gros stéréotypes pas désagréables à suivre, si ce n'est que THE gros méchants n'est pas du tout crédible, ses motivations ne le sont pas non plus, pas plus que ce qu'il tente à l'encontre des héros. Sans compter quelques incohérences qui laissent parfois le lecteur perplexe en plein milieu d'un paragraphe. 

La fin est bon enfant et très sympa. Sur ce point-là, l'auteur ne s'est pas trop loupé : impossible de lâcher les cent dernières pages. Mais là encore, sur un événement un peu facile (je ne révèle pas lequel pour ceux qui souhaitent lire le livre).

Brefouille. Par rapport à ce que j'attendais, je suis franchement déçue. Fragment a plus des allures de scénario de film que de livre. La partie biologie du bouquin est sans doute ce qui m'a le plus intéressée, et je regrette franchement que le contexte ait été aussi pauvre. Il paraît qu'un film est prévu. J'imagine bien le genre de gros blockbuster à la Avatar, évidemment en 3D. Pas vraiment mon trip. 

Livre à conseiller surtout aux amateurs de films parsemés de gros boom.


Appréciation

Sympa mais sans plus..




Challenge des 52 semaines : 1/11  
(47. Une mer ou une grand étendue d'eau)

mercredi 5 juin 2013

Incantations - Alice Hoffman


Résumé : Estrella et Catalina sont inséparables depuis leur tendre enfance. Elles se connaissent par coeur et sont persuadées que leur lien est indéfectible. Mais l'Espagne de l'Inquisition va faire tomber les masques et bouleverser leur vie à jamais. Alors qu'elles viennent de fêter leurs seize ans, le village est mis à feu et à sang par les soldats. Les juifs sont pourchassés. Les arrestations se suc­cèdent et la peur grandit dans le petit village d'Encaleflora. Estrella découvre qu'elle n'est pas celle qu'elle croyait être. 


Avis : Une lecture rapide, qui ne m'a pas spécialement marquée. Je connaissais vaguement l'auteure, dont un livre attend depuis des années au fond de ma bibliothèque que je m'intéresse à lui : Mes meilleures amies. Les thèmes que Alice Hoffman propose ne me bottent pas plus que ça. J'ai lu Incantation, prêté par une connaissance, histoire de voir un peu ce que cela donnait. 

L'histoire d'Estrella n'est pas inintéressante, mais recèle plusieurs détails qui ne m'ont pas spécialement plu. Les histoires d'amour adolescentes, pour commencer. Moi-même ado, je supportais assez mal les groupes à potins à ce sujet : qui sort avec qui, Unetelle a piqué son mec à Truc, etc... Incantation voit donc Estrella tomber amoureuse du cousin de Catalina, sa meilleure amie. Et les hostilités sont ouvertes, puisque Catalina l'est aussi. Ce thème m'a donc très peu parlé, et m'a même un peu énervée. 

Second point important de l'histoire, la question de la religion. Je ne suis pas insensible à toutes les horreurs que celle-ci entraîne, ici les chrétiens tentant de réprimer les personnes d'obédience juive vivant parmi eux. C'est un thème fort et qui ne prête certes pas à rire, mais comment dire... Entre les histoires sur la Seconde Guerre mondiale et celle-ci, je commence à être un peu lassée des thèmes qui tournent autour de la persécution des Juifs. Pour autant, le devenir de la famille d'Estrella reste horrible et assez poignant sur le moment, mais l'histoire en reste là. 

Quant au style de l'auteure, il n'est pas désagréable à lire et est même plutôt riche. L'ensemble donne une certaine fluidité à l'histoire, qui se lit relativement vite. Et, malgré tous les reproches que j'ai à faire, certains paragraphes sont réellement beaux (la découverte du bassin de purification, la rencontre avec la famille musulmane, les détails sur la religion juive et leur rapport au savoir). Certains personnages sont assez poignants, comme le médecin et sa femme ou la mère d'Estrella ; d'autres sont intéressants mais pas toujours crédibles ; par exemple le grand-père et la grand-mère d'Estrella, à travers l'espèce de hauteur, voire dédain, qu'ils ont par rapport à l'héroïne.

Globalement, je reste mitigée sur cette lecture, qui comme dit plus haut, n'a rien de déplaisant. Simplement, je l'ai trouvée d'un intérêt en dents de scie, et les thèmes ne sont pas de ceux qui me parlent le plus (disons que sur la question juive par exemple, j'ai beaucoup plus d'appétence concernant l'actualité Israël-Palestine). 

Pour autant, c'est une lecture que je conseillerais à des collégiens ou des lycéens, car il peut être intéressant, justement, sur le pourquoi du comment de la persécution des Juifs par les Chrétiens, et sur les fondements de cette religion. 


Appréciation

Sympa...

samedi 1 juin 2013

Le Coeur cousu - Carole Martinez


Résumé : Dans un village du sud de l'Espagne, une lignée de femmes se transmet depuis la nuit des temps une boîte mystérieuse... Frasquita y découvre des fils et des aiguilles et s'initie à la couture. Elle sublime les chiffons, coud les êtres ensemble, reprise les hommes effilochés. Mais ce talent lui donne vite une réputation de magicienne, ou de sorcière. Jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs, elle est condamnée à l'errance à travers une Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang. Elle traîne avec elle sa caravane d'enfants, eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels.


Avis : Le Coeur cousu propose au lecteur une fresque à la fois mélancolique, cruelle et drôle. Le lecteur s'attache au devenir de la famille Carasco, à commencer par la mère, Frasquita. La maman de cette dernière lui fait subir, à la puberté, toute une série d' "épreuves" au cours de laquelle Frasquita héritera de prières et d'une boîte, qui lui révélera son don : la couture. D'étrangeté en étrangeté, Frasquita, son mari et leurs cinq enfants en viennent à s'attirer les foudres des autres villageois : une robe de mariée trop belle pour sa condition, une enfant-poule, un enfant roux, une enfant qui brille...

Le style de l'auteure est porteur d'une certaine poésie, distillant au fur-et-à-mesure la même mélancolie émaillée d'une étrange beauté que l'on peut retrouver dans les récits sud-américains. 

Chacun des personnages est peu à peu développé à travers les différents passages de l'histoire. Tous ont leur petite marque particulière, qui va entraîner leur rejet par les communauté qu'ils vont croiser, mais qui fait aussi leur charme et leur donne un côté attendrissant.Les différentes péripéties vécues par la famille Carasco lors de leur périple tombent de manière incongrue et contribuent à donner à cette fresque tout son aspect surréaliste et à la fois très humain. 

Sous l'apparence de la simple histoire d'une famille du sud de l'Espagne, Carole Martinez déroule les aventures de cette famille très particulière, piquetée çà et là de fantastique. Les chapitres donnent à l'ensemble l'aspect d'un bouquet de nouvelles, chacune racontant différents épisodes, tour à tour drôle ou cruels, et dévoilant à chaque instant un nouveau pan d'humanité. 

Un ouvrage poétique et touchant, qui ne peut laisser indifférent de par la panoplie d'émotion qu'il fait vivre à son lecteur. Très joliment écrit , la prose de l'auteure mène le lecteur à travers une histoire onirique, aux frontières de la réalité. A dévorer et à offrir !




Appréciation

Excellent



mercredi 29 mai 2013

Le Challenge des 52 semaines





Un petit challenge qui me tentait bien depuis quelque temps : le challenge des 52 semaines, lancé par LadyScar


Le principe

Les participants disposent d'une liste de 52 mots. A partir de celle-ci, ils doivent lire un ouvrage en lien avec chacun des termes proposés. Le mot doit soit figurer dans le titre, soit être représenté sur la couverture. Et chacun des titres doit appartenir aux genres de l'imaginaire. Echéance du challenge le 29 janvier 2014 (un an après son début, d'où le nom de "52 semaines").


Les niveaux

Excursion (5 livres)
- Expédition (11 livres)
Fusée (18 livres)
Décollage (26 livres)
Exploration (32 livres)
Comète (41 livres)
Voyage intergalactique (47 livres)
Odyssée stellaire (52 livres)

> Je me lance pour l'instant dans le niveau "expédition", quitte à augmenter le niveau en cours de route. 


La liste

Voici la liste des termes choisis par LadyScar :

   1. Un Vaisseau Spatial
   2. Une Planète ou Lune ou Satellite
   3. Un ville de nuit dont on ne voit que les lumières
   4. Un Sabre Laser
   5. Un Bidule technologique futuriste quelconque
   6. Des lunettes de soleil
   7. Une ville futuriste
   8. L'espace
   9. Un ou des robots
  10. Une ville en ruine
  11. Des aliens
  12. Un ou des soleils
  13. Des Bottes
  14. Une épée
  15. Un Cheval
  16. Un Château
  17. Des Montagnes
  18. Une Bougie
  19. Une boîte (type coffre en bois, malle etc...)
  20. Une forêt
  21. Une ville médiéval
  22. Un loup (ou loup-garou)
  23. Des crocs (mais pas un loup ^^)
  24. Un poignard
  25. Un talisman
  26. Du feu ou des Flammes
  27. Une ombre
  28. Des Dinosaures
  29. Une guerre
  30. Un dragon
  31. Un globe lumineux (type boule de cristal, pas un soleil ou un astre)
  32. Des tatouages
  33. Une boule de feu
  34. Une arbalète
  35. Un arc
  36. Une tempête
  37. Une cape ou caban
  38. Des chaînes
  39. Des câbles électriques en tout genre
  40. Un regard méchant/agressif/noir
  41. Un combat
  42. Un voyage dans le temps
  43. Un(e) héro(ïne)s dont les initiales sont J.B.
  44. Des symboles (type cercles entrelacés ou autres)
  45. Des gouttes ou de la pluie
  46. Une planète abîmée ou en morceaux
  47. Une mer ou grande étendue d'eau
  48. Un miroir
  49. Un pont
  50. Une horloge/montre etc
  51. Un paysage ravagé
  52. Une sorcière ou un sorcier


Sur ce, en route pour les étoiles, et bon voyage aux autres participants ;)


dimanche 26 mai 2013

L'Assassin à la fourchette - Thierry Lefèvre


Résumé : Le client qui s'effondre un soir sur son siège est-il victime de sa gourmandise ou d'un piège tendu par le barbu qui a éveillé les soupçons de la Caramote, au musée Grévin ? Thomas, lui, s'interroge sur la canne du maître d'hôtel et sur sa présence dans une étrange boutique du passage Jouffroy.


Avis : Petite plongée dans le domaine de l'hôtellerie. Je ne m'y attendais pas vraiment en commençant cet ouvrage jeunesse, qui traînait depuis des années dans mes étagères (et quand je vous dis des années, c'est au moins dix ans...). 

Alors, que dire de cette aventure policière ? Tout d'abord, qu'il s'agit d'une série. C'est-à-dire que les différents tomes ne se suivent pas, mais les héros sont des héros récurrents. L'Assassin à la fourchette n'est pas la première aventure de Thomas et Emma - dite La Caramote -, nos deux héros. Mais qu'importe, les présentations sont rapidement faites, de telle sorte que le lecteur n'a pas l'impression qu'il a manqué quelque chose. Dans cette aventure, le principal intéressé sera Thomas, élève dans un lycée hôtelier, à ce moment-là en stage dans un restaurant. Le jeune va pratiquement être "harcelé" pendant ses poses par sa jeune amie, Emma, persuadée d'avoir pris en filature un pickpocket meurtrier. 

Avec la ville de Paris comme fond d'aventure, le lecteur déambule avec les deux adolescents dans le musée Grévin à la recherche d'un barbu et d'un petit gros et, comme eux, se mettra à douter, entre les déboires de Thomas au restaurant, et les idées fixes d'Emma : y a-t-il réellement anguille sous roche, ou la jeune héroïne part-elle dans un délire infondé ? Avec talent, l'auteur nous mène en bateau jusqu'au bout, le mystère reste entier jusque dans les dernières pages. La balade dans la capitale est sympathique : bien que je ne sois vraiment pas une grande amoureuse de cette ville, reconnaître les coins et les quartiers visités rend la lecture plaisante et presque ludique. 

Vis-à-vis de l'intrigue policier et de son déroulement, l'auteur se débrouille bien, malgré quelques longueurs. Quant au style, sans m'avoir réellement transcendée, disons qu'il se lit très bien : simple et à portée des jeunes lecteurs, mais cependant ambitieux et pas le moins du monde simpliste. 

Un petit polar à lire s'il vous passe entre les mains, éventuellement à offrir aux jeunes gens de votre entourage.


Appréciation

Sympa

samedi 25 mai 2013

Le Miroir des Alices - Kara


Tome 1 : L'ennemie qui est en moi
Résumé : Pays des Merveilles où tout est possible, le Miroir des Alices est un univers virtuel ou se réfugient les esprits d'hommes et de femmes plongés dans le coma. Echouée dans ce paradis informatique, Alice n'est autre que la romancière ayant inspiré la création de ce monde d'heroic fantasy aux architectures infinies. Pourtant, pour une raison inconnue, Alice décide de fuir son rêve virtuel au péril de sa vie ! Pourchassée par la Gardienne du Miroir de la Reine, seule porte de sortie vers le monde réel, Alice cherchera par-delà les frontières de son monde les réponses qui se trouvent peut-être au plus profond de son cœur...


Avis : Une petite BD qui possède des atouts sur bien des plans. Le premier est sans doute que cette histoire ne dure que le temps de deux tomes. J'ai apprécié les éditions Soleil pendant un temps, mais m'en suis détournée au vu de toutes les séries à rallonge qu'elles proposaient, en plus du prix de leur BD à l'unité, tout de même au-dessus des autres BD. Deux tomes seulement, donc, pour Le Miroir des Alices, ça fait du bien au porte-monnaie. 

Tome 2 : Jusqu'au bout de mon rêve...
Deuxième atout : le graphisme. J'ai beaucoup apprécié la finesse du trait, les détails minutieux de chaque planche, les couleurs. Il émane de tout cela une atmosphère à la fois onirique et inquiétante, planant sur un univers aux architectures absurdes, défiant les lois de la physique. Les personnages et leurs vêtements sont très stylisés et contribuent au charme graphique de cette BD.

Troisième plus, l'histoire et le fond. Les personnages sont attachants. Le mélange de science-fiction, à travers la présence de l'informatique - que j'ai trouvée très intéressante et bien exploitée, et d'une certaine forme de fantasy à travers la magie omniprésente, est réussi. Les éléments inspirés d'Alice au pays des merveilles sont parfaitement incorporés au Miroir des Alices, et l'ensemble donne une impression d'inspiration, non de pompage assumé. Kara a réussi à se ré-approprier les aspects du rêve et de l'inconscient qui m'avaient plus chez Lewis Caroll, mais à sa manière. 

Du point de vue de l'histoire par contre, quelques passages cafouillent un peu. Le graphisme est très au centre, parfois un peu au détriment de la cohésion du récit. J'ai beaucoup apprécié ce dernier, mais ai dû malgré tout relire certains passages qui manquaient un peu de clarté, narrativement parlant. 

Enfin, dernier point favorable à l'auteur : il essaie d'élever le débat. Contrairement à la plupart des BD Soleil, et ce même si j'ai apprécié certaines de leurs séries, Kara tente de faire du Miroir des Alices autre chose qu'un fantasme graphique au coeur duquel priment l'action et l'adrénaline. Certes, j'apprécie les bonnes histoire d'aventure, mais les barbares qui se contentent de foncer dans le tas en explosant tout avec style me sortent par les trous de nez. Ici, Kara, tente quelques début de réflexion sur le rêve et la réalité, sur ce qui fait l'homme, l'humanité. C'est à travers ce point positif que je ferai un des seuls reproches que je trouve à cette BD : les tentatives de réflexion tombent facilement dans une philosophie un peu facile. Pourtant, je le reproche difficilement à l'auteur : d'abord parce que je pense qu'il est difficile de placer quelque réflexion dans une BD sans tomber dans des planches envahies par le texte. Ensuite parce que je croise trop peu de BD qui tentent d'élever un peu le niveau au-dessus d'une simple bonne histoire. Du coup, malgré les couacs, ça passe très bien. 

Au final donc, une bonne petite BD sympa comme tout, avec quelques défauts, mais plaisante à lire. A découvrir si elle vous passe sous la main.


Appréciation

Sympa !

jeudi 23 mai 2013

L'Elue - Lois Lowry


Résumé : Kira est née avec une jambe tordue. La jeune fille a toujours vécu sous la protection de sa mère, mais cette dernière vient de mourir. Aujourd'hui, Kira se retrouve seule dans un monde où les faibles et les infirmes sont impitoyablement éliminés. Dans son village, les femmes se liguent pour la chasser, mais le Conseil des seigneurs s'y oppose. Kira possède un don pour la broderie. Désormais, c'est elle qui sera chargée de restaurer et d'achever la robe sur laquelle est brodée l'histoire de son peuple…


Avis : Le Vallon Fantastique reprend aujourd'hui du service avec un récit jeunesse, L'Elue de Lois Lowry, livre préféré de la jeune personne qui me l'a prêté. Je connaissais l'auteure de nom, et projetais de la découvrir à travers la lecture de Passeuse de rêve, finalement il en aura été autrement. 

Cette lecture a été débutée avec un a priori positif, au vu de tous les éloges lus à propos de l'auteure. Nous plongeons donc dans le monde de Kira, jeune fille handicapée. Le lecteur ne tarde pas à comprendre que l'histoire prend place dans un monde post-apocalyptique. Ce n'est cependant pas le centre du récit : il est précisé que l'on est en présence d'une humanité qui a perdu sa science, son confort, ses villes, mais il ne sera dit ni pourquoi ni comment.Tout l'intérêt de l'intrigue tourne autour du sort de Kira et des compagnons qu'elle va rencontrer : Thomas, le Sculpteur, qui doit restaurer le bâton qui va avec la robe ; le jeune Matt et son chien Branch, sans doute mes deux personnages préférés, de part leur espièglerie ; et la petite Jo. 

A travers ce récit, Lois Lowry réussit à plonger son lecteur dans le monde de la broderie, thème plutôt intéressant, du moins du point de vue de mon expérience de lectrice pour ne l'avoir que très peu rencontré. Mais ce qui fait tout l'intérêt de l'histoire, c'est cette poésie qui s'en dégage à travers tout le champ lexical de la couleur que va déployer l'auteur. Explosion de nuances et de tons, Kira va se mettre en quête du bleu, couleur dont sa communauté semble avoir perdu le secret de fabrication. 

Mené par un style riche, évocateur et coloré - c'est le cas de le dire - , ce récit tient le lecteur jusqu'au bout. Toutes les questions ne sont pas résolues, beaucoup sont laissées en suspens à la fin de l'ouvrage, mais le lecteur n'en tiendra pas rigueur à l'auteur : d'un bout à l'autre, les avancées de Kira pour la restauration de la robe ou ses aventures avec Matt rendent le livre difficile à lâcher. 

En somme, un bon petit roman jeunesse, de qualité, bien écrit, agréable, à la lisière de la SF et du fantastique. Livre à découvrir et à faire découvrir. Il en va de même pour l'auteure.


Appréciation

C'est du bon !