lundi 26 décembre 2011

Phænomen (tome 1) - Erik L'Homme

Résumé : Fous ? Idiots ? Bons à rien ? Aux yeux du personnel de la clinique du Lac, Violaine, Claire, Nicolas et Arthur sont un peu tout ça à la fois. Pas vraiment des héros. Et pourtant... Quand le seul médecin qui se soucie de leur sort disparaît, enlevé par de mystérieux agents, ses jeunes protégés n'hésitent pas : ils se lancent sur ses traces. Sans se douter qu'ils sont aussi sur la piste d'un des plus grands secrets du XXe siècle. Leur vie ne sera plus jamais la même. L'histoire de l'humanité non plus. Une course poursuite haletante, où quatre adolescents vont puiser dans leur handicap la source de pouvoirs surnaturels. 



Avis : Erik L'Homme fait partie des auteurs jeunesse que j'apprécie toujours malgré mon âge. Je l'avais découvert vers 11-12 ans, alors que ma môman devait acheter un livre pour le mois chez France Loisirs (ce truc affreux qui classe Marc Lévy dans « littérature », et vous envoie comme nouveauté des trucs ultra connus ou du Grangé). Bref, il n'empêche que c'est ainsi que j'avais découvert Le Livre des Etoiles, une trilogie qui m'aura bien fait rêvé, tout comme la saga des Maîtres des Brisants, dont je viens d'apprendre l'existence d'un troisième tome (et ma LaL qui s'allonge, qui s'allonge...).

Bref, dans ce récit qu'est Phaenomen, Erik L'Homme nous embarque donc dans le quotidien d'enfants atteints de troubles mentaux. Enfin, censés être atteints de troubles, qui se révéleront finalement être des capacités surnaturelles mal maîtrisées. L'idée d'enfants handicapés mentalement est une bonne idée. Au début, nous est décrit le point de vue de l'un et l'on ne voit que l'apparence des autres... qui paraissent effectivement atteint, jusqu'à ce que l'on entre finalement dans leur tête pour découvrir qu'en réalité, ils sont juste... différents.

La course poursuite dans laquelle le lecteur se retrouve plongé se présente sous forme relativement simplette, mais néanmoins palpitante. Suivre les quatre môme dans une espèce de chasse au trésor se révèle absolument passionnant, d'autant plus que l'auteur mélange au monde réel magie et mythologie, sans leur donner cependant une dimension envahissante. Le lecteur se pose des questions, participe à la poursuite et prend vraiment son pied sans prise de tête.

Sans compter une fin qui clôt le livre, c'est-à-dire que l'on peut le lire séparément... même si l'auteur inclut en même temps des détails laissant clairement deviner qu'il y a un deuxième tome et des trucs non éclaircis. Bref, une lecture pas trop casse-tête, passionnante et qui se mange comme des petits pains.



Appréciation :

Sympa

La Fille du Roi des elfes - Lord Dunsany

Résumé : Parce que les sujets de son père veulent plus de magie dans leur royaume, le prince Alveric entreprend de traverser la forêt enchantée afin d'y enlever la fille du roi des Elfes, Lirazel. Après avoir défait les chevalier qui défendent la demeure de celle-ci, Alveric séduit la jeune elfe et l'emmène jusqu'au royaume d'Erl, ou naîtra Orion, le fruit de leurs amours. Furieux du départ de sa fille et surtout du fait que ce départ soit volontaire, le roi des Elfes envoie à Lirazel un troll porteur d'un message magique. Immédiatement, la jeune princesse est ramenée auprès de son père. Inconsolable, Alveric part à sa recherche, en quête de la forêt enchantée... qui a disparu. Et, pendant ce temps, Orion découvre le monde...


Avis : Voici un livre que j'avais découvert et commencé il y a une dizaine d'années, dans les fins fonds d'un CDI, et que j'avais abandonné. J'y suis revenue plusieurs fois, sans jamais parvenir à entrer dans l'histoire. Pourtant, la couverture et le résumé m'attiraient, mais peine perdue. Plusieurs années plus tard, le souvenir de cet ouvrage m'est revenu, et c'est avec plaisir que je me suis à nouveau plongée dedans, et par nostalgie, mais aussi un peu par "défi" : j'avais envie de finir ce livre qui m'avait résisté et de connaître enfin l'histoire qu'il racontait.

Dans La Fille du roi des Elfes, Lord Dunsany offre au lecteur un texte étrange, riche et dont certains passages recèlent une vraie forcé d'évocation. L'entrée dans l'histoire n'est pas facile : les phrases sont longues, leurs tournures fort belles mais relativement élaborées, et le vocabulaire foisonnant. Ecrit en 1924, La Fille du roi des Elfes est porté par une prose imagée, poétique et merveilleuse, que l'on ne retrouve plus vraiment chez les auteurs d'aujourd'hui. L'histoire n'a rien de semblable, mais sur le plan du style, et de sa richesse, on pourra parfois penser à un certain John Ronald Reuel Tolkien.

Le récit proposé par Lord Dunsany n'est guère loin des trames des contes et légendes régionaux : afin de donner à son peuple un souverain doté de pouvoirs magiques, le roi de la vallée des Aulnes envoie son fils Alveric épouser la fille du roi des elfes. Lorsque celle-ci disparaît, Alveric n'a de cesse de la retrouver. Dans cette histoire, l'on retrouve tous les ingrédients de contes et légendes : une sorcière, une épée magique, un royaume enchanté où toute chose surpasse la splendeur de la Terre, des trolls, des chevaliers, des sortilèges et une quête désespérée.

Plus que tout autre chose dans le récit, ce sont le temps et notre monde qui tiennent la vedette. Alveric et sa quête et la croissance d'Orionne sont qu'une part de l'histoire, un des fils qui servent à lui donner une cohérence. Mais là où Lord Dunsany réussi à captiver le plus son lecteur, c'est lorsqu'il décrit notre monde, en opposition au royaume enchanté ; royaume enchanté qui est préservé du passage du temps. Quand des années s'écoulent sur Terre, un après-midi passe à peine sur le pays du roi des Elfes.

Ainsi, le temps qui passe, les saisons, le passage du jour et de la nuit, la vie des bêtes et des hommes sont décrits avec minutie, avec une poésie qui ne donnera qu'une image au lecteur : celle de la splendeur de notre monde. Lorsque la princesse Lirazel se languit du royaume des Hommes, le lecteur a l'impression de (re)découvrir lui-même son propre monde. Il est également question de la folie des hommes, de leur négation de toute chose magique, opposée à la raison, de l'absurdité de la religion... et on note même une sorte de critique envers le Parlement (pour lequel on se demande parfois si la critique et une certaine ironie ne seraient pas dirigées vers des éléments plus réels que cette histoire...).

Le rythme de l'histoire demeure assez lent, certains passages sont un peu poussifs et plus lourds à lire, mais si rarement que l'on s'en rend à peine compte. La Fille du roi des Elfes offre, plus qu'un récit fantastique, une plongée merveilleuse dans un duel entre le monde réel et la magie, entre le quotidien des hommes et les contes et légendes qui peuplent leur imaginaire.

Un ouvrage sans nul doute à découvrir. Pour lecteurs confirmés.


Appréciation :

Excellent !

samedi 24 décembre 2011

Challenge ABC littératures de l'imaginaire


Profitons du fait que le Vallon fasse peau neuve afin de remettre à zéro le compteur de challenges. J'en avais entamé plusieurs l'année dernière, je n'en ai fini aucun. Je vais donc me limiter cette année à un seul challenge : le challenge ABC des littératures de l'imaginaire lancé par Ptitetrolle, qui consiste à lire 26 ouvrages dont les noms des auteurs commencent par chacune des lettres de l'alphabet. Et cela touche donc la littérature SFFF. Seules trois tricheries sont autorisées. Voici donc la liste des ouvrages que je compte lire dans le cadre de ce challenge : 

- Anderson, Poul et Karen : Roma Mater (Le Roi d'If, tome 1)
- Brooks, Max : World War Z
- Colin, Fabrice : La Malédiction d'Old Haven
- Douglass, Sara : Tranchant d'Acier (La Trilogie d'Axis, tome 1)
- Eddings, David : Les Gardiens du Ponant (La Mallorée, tome 1)
- Foveau, Georges : L'Enfant sorcier de Ssinahan
- Gessler, Vincent : Cygnis
- Heliot, Johan : La Trilogie de la Lune (l'intégrale)
- Irvine, Alexnder C. : Le Soleil du nouveau monde
- Jaworski, Jean-Philippe : Gagner la guerre (Récits du Vieux Royaume, tome 2)
- Kenyon, Kay : La Splendeur du ciel (L'Entier et la Rose, tome 1)
- Lee, Tanith : Ne mords pas le soleil ! (Le Bain des Limbes, tome 1)
- Negrete, Javier : Alexandre le Grand et les aigles de Rome
- Orwell, Georges : La Ferme des animaux
- Plichota, Anne, Wolf, Sandrine : L'Inespérée (Oksa Pollock, tome 1)
- Quesne, Didier : Dragonne
- Resnik, Mike : Ivoire
- Smith, Cordwainer : Les Seigneurs de l'Instrumentalité (au moins 1 tome)
- Tarvel, Brice : La Main maléfique - L'Héritage de Cagliostro (Les Dossiers secrets de Harry Dickson, tome 1)
- Le Guin, Ursula, K. : Les Dépossédés
- Vance, Jack : Le Jardin de Suldrun (Le Cycle de Lyonesse, tome 1)
- Wooding, Chris : Frey (Frey, tome 1)
- Mauméjean, Xavier : Vénus anatomique
- Yarbro, Chelsea Quinn : Ariosto Furioso
- Zelazny, Roger : Le Maître des rêves

vendredi 23 décembre 2011

Morsure (Femmes de l'Autremonde, tome 1) - Kelley Armstrong

Résumé : Elena Michaels est un loup-garou et la seule femelle de son espèce. Voilà qui n'est déjà pas banal. Mais en plus. elle fait tout ce qu'elle peut pour être normale. Elle voudrait une vie ordinaire, sans ses désirs inhumains, sa sauvagerie, sa faim et ses instincts de chasseuse. Mais la Meute fait appel à elle, Enfreignant les lois du clan. des déviants menacent de dévoiler leur existence. Elena obtempère, car la loyauté du sang ne se discute pas. Et au cours de son combat. elle découvrira sa vraie nature...


Avis : Voilà bien longtemps que je n'avais pas lu de bit-lit, fâchée avec le genre après ma lecture du premier tome de Cygne Noir. J'y avais trouvé des caricatures de personnages qui ne m'avaient guère plu et un scénario plat et sans intérêt. C'est finalement une lecture commune avec La Magye des mots qui m'a fourni l'occasion de tenter une nouvelle lecture bit-lit, lecture vers laquelle, je ne vous le cache pas, je suis allée plutôt à reculons. Et au final, je dois dire que l'expérience n'a pas été si désagréable que ça...

Les premières lignes du résumé n'avaient pourtant pas de quoi rassurer : Elena Michaels, seule femelle loup-garou existant. De quoi redouter l'histoire, pour qui n'aime pas les scènes de sexe gratuites. En revanche, l'idée de la recherche d'identité de l'héroïne, entre son humanité et son côté loup-garou promettaient une histoire intéressante, si l'auteur trouvait la bonne manière d'exploiter l'idée. Et ç'a été le cas. Sans proposer un texte extrêmement riche et complexe, Kelley Armstrong réussi à proposer une histoire basée sur cette dualité de son personnage principal, et à mener de front une intrigue, sinon originale, tout à fait passionnante. Le lecteur apprend donc à connaître Elena et sa difficulté à vivre une vie normale en raison de son lycanthropisme, la Meute et ses différents éléments.

L'idée de départ ? Un groupe de loup-garou, appelé la Meute et ayant développé une sorte d'éthique de comportement du loup-garou, tente de lutter contre les cabots, c'est-à-dire des loups-garous solitaires, et leurs actes criminels, qui pourraient mettre les humains au courant de l'existence de leur espèce. La Meute va devoir faire face, dans ce premier tome, à une "alliance" de cabots, dont certains cherchent à gagner un territoire, d'autres à récupérer la seule femelle de leur espèce, d'autres encore à s'émanciper du contrôle que les compagnons d'Elena exercent sur eux. En somme une simple histoire de rivalité et de lutte entre deux camps, mais que l'auteur saura parfaitement exploiter à travers de multiples rebondissements simples et efficaces, sans jamais tomber dans la facilité qui consisterait à se servir de ses personnages lycanthropes afin de sortir d'une impasse narrative.

Les personnages quant à eux, sans que leurs schémas initiaux soient très originaux, restent tout de même suffisamment développés et fouillés pour que l'auteur s'attache à eux rapidement. Les divers membres de la Meute possèdent leur caractère propre et les relations que l'auteure tisse entre eux sont tout à fait cohérent. Entre le fougueuse Elena, qui cherche à nier sa véritable nature afin de s'intégrer au monde des humains, Clayton, son ancien compagnon prompt aux actes irréfléchis, Jérémy, le sage Alpha de la Meute, ou Antonio et son fils Nick, le lecteur ne trouvera des personnalités travaillées et différentes, toutes attachantes. Les personnages secondaires tels que les cabots ou les personnages humains ne sont pas non plus délaissés.

Enfin, côté style, Kelley Armstrong propose un texte simple et efficace, au vocabulaire relativement développé, facile à lire sans pour autant paraître fade. Et surtout, exempt de scènes de sexe détaillées destinées à appâter le lecteur en rut (nous ne re-citerons pas le livre du début, mais sachez que celui-ci, ce genre de scènes et les héros décervelés ne sont pas étrangers à mon dégoût initial pour tout ce qui est classé en bit-lit...).

En somme, un livre qui m'a en tous points satisfaite, en proposant un contenu travaillé et prenant. En ce qui me concerne, il s'agit d'un début de réconciliation avec le genre bit-lit. Je compte bien suivre les autres ouvrages de l'auteure, et tenter d'explorer plus avant et prudemment d'autres livres du genre.

En attendant, Morsure est sans conteste un livre que je conseille à tout le monde, jeunes comme moins jeunes, en quête d'un texte soigné et efficace, sans prise de tête.


Appréciation :

C'est du bon !

Nouveau départ (Bis)

Oui je sais, l'année dernière, à la même époque, le Vallon devait redémarrer. Faute de temps et de motivation, le nouveau départ de janvier 2011 aura été un faux départ. Je n'ai transféré qu'une partie de mes anciennes chroniques, qui au final ne rendaient pas très bien en raison des nombreux copiés-collés qui me mettaient le bazar dans la mise en page. 

J'ai donc décidé de faire table rase et de tout reprendre à zéro. Mes vieilles chroniques resteront en ligne quelques temps. Et ce nouveau blog sera alimenté par des chroniques fraîches ^-^ 

J'ai un peu trifouillé les couleurs du blog, donc si quelque chose vous gêne au niveau des contrastes, ou pour tout autre chose, n'hésitez pas à me le signaler. J'ai également mis en place un nouveau système de notation grâce aux gifs mis à libre disposition par J-C sur Deviantart.

Sur ce, j'espère que ce nouveau blog vous plaira :)